PARIS : LES HÔPITAUX et LA VIE
- デイジー

- 16 jun
- 1 min de lectura
LIX
Tous mes adieux sont faits. Tant de départs
m’ont lentement formé dès mon enfance.
Mais je reviens encor, je recommence,
ce franc retour libère mon regard.
Ce qui me reste, c’est de le remplir,
et ma joie toujours impénitente
d’avoir aimé des choses ressemblantes
à ces absences qui nous font agir.

Hôtel-Dieu vu depuis la rive droite de la Seine ; au premier-plan, le pont Notre-Dame et en arrière-plan, les tours de Notre-Dame.
À Clara, le 31 août 1902 ..trois jours après son arrivée
” Paris, qui est vraiment une grande ville étrangère, très, très étrangère pour moi. Les hôpitaux qu'on voit ici partout m'angoissent. Je comprends pourquoi ils reviennent sans cesse chez Verlaine, chez Baudelaire et Mallarmé. Dans toutes les rues on voit des malades qui s'y rendent, à pied ou en voiture. On les voit aux fenêtres de l'Hôtel-Dieu dans leur étrange costume, le triste et blême uniforme de la maladie. On devine tout à coup qu'il y a dans cette immense ville des régiments de malades des armées de mourants, des peuples de morts.
Je n'avais encore éprouvé cela dans aucune ville, et il est étrange que je l'éprouve justement à Paris ou
(comme l'écrivait Holitscher) le besoin de vie est plus fort que partout ailleurs.
Le besoin de vie, est-ce ... la vie ? Non, la vie est quelque chose de calme, de vaste, de simple.
Le besoin de vie est hâte et chasse.
C'est le besoin d'avoir la vie, tout de suite, tout entière, en une heure.
C'est de cela que Paris est plein .
Rainer Maria Rilke
1875-1926
Sous Le Ciel De Paris
Juliette Gréco 1951



Comentarios